Après avoir silloné l'Europe et les Etats-Unis en première partie d'In Flames,
Gojira nous revient, mais en tête d'affiche cette fois-ci, afin de défendre son dernier chef-d'oeuvre en date sur scène,
The Way Of All Flesh.Le groupe sera ce soir ainsi que sur toute leur tournée française accompagné de leurs amis boogie-deatheux de
Trepalium, ainsi que des deatheux de
No Return uniquement à l'affiche de la date Strasbourgeoise se tenant à La Laiterie.
Il est de ces premières parties molles et chiantes desquelles on ne retient rien si ce n'est une vague bouillie sonore aussi palpitante qu'un cours de maths sur les fonctions dérivés expliqué en allemand (hum...). Et il y'a les premières parties comme
No Return, qui nous mettent une bonne claque en pleine face avec une musique efficace est une prestation énergique.
Si le son n'est pas exceptionnel, il est cependant bon et il permet au groupe de délivrer un set carré, puissant et très bien accueilli par le public qui est particulièrement en forme ce soir (n'hésitant pas à gueuler quelques "à poil" à plusieurs reprises pendant la soirée). C'est après environ 45min de show que les parisiens laissent la place au deuxième groupe de la soirée, les poitevins de
Trepalium.
Place au groove, au boogie et à la lourdeur du death-metal de
Trepalium donc. Le son s'améliore un peu, ce qui aide à mieux nous plonger dans la musique puissante et technique du groupe. Là aussi nous avons droit à un srt très carré de 3/4 d'heure qui se finiront de la plus belle mùanière par un braveheart dans le public, puis un slam du chanteur qui se fera trnasporté d'un bout à l'autre de la salle par un public conquit.
N'étant pas fan du groupe à la base je ne peux pas vraiment détailler plus le show du groupe, ni la setlist.
C'est ici que commence la chronique live la moins objective qui soit (et vraisemblablement l'une des plus longues aussi...). J'attendais de voir le groupe sur scène depuis près de 3ans maintenant et le moins que l'on puisse dire c'est que je n'ai pas été déçu par la prestation du groupe. A 22h20 retentit le ghost track de
TWOAF. Ca commence déja à s'agiter dans la fosse et on sent le public motivé comme jamais.
Lorsque le groupe, et tout particulièrement
Joe en dernier, entre sur scène, une acclamation monte immédiatement du public et c'est alors que se déchaine la bourrasque, la tempête, le colosse, que dis-je, le titan
Gojira. Pas de surprise, le set débute sur les chapeaux de roue par un "
Oroborus" maintenant bien rodé en live et d'une efficacité redoutable. Le public est déchainé et n'hésite pas à scander les paroles de la chanson tandis que sur scène les musiciens délivre toute leur énergie.
Le son, s'il n'est pas exceptionnel, est tout de même bon et précis et permet de bien apprécié les différents éléments de la musique des landais. Le deuxième morceau sera le surpuissant "
The Heaviest Matter Of The Universe", morceau très intense parfait pour faire bouger le public. On reste encore subjugué par le jeu précis et brutal de
Mario, véritable rouleau-compresseur, maîtrisant à merveille son instrument, nous matraquant ses rythmiques démentes avec force.
Afin de nous écraser un peu plus, le groupe décide d'enchaîner avec 3 autres morceaux d'une puissance titanesque: le cultissime et surpuissant "
Backbone", "
Love", pour lequel le fond de scène à l'effigie de la pochette de
TWOAF sera retiré pour diffuser le clip sur un grand écran, puis la petite surprise "
From The Sky" issu de
From Mars To Sirius, qui sera lui aussi repris en choeur par la foule.
A ce stade du concert, on est est déja abasourdi par la puissance phénomènale de
Gojira, qui n'a pas volé sa réputation de groupe taillé pour la scène. On sent vraiment le groupe à l'aise et heureux d'être là, comme en témoigne les sourires permanents des membres du groupe, notamment de
Jean-Michel et
Christian.
Afin de calmer un peu le jeu après cette forte entrée en matière, c'est avec joie que l'on découvre "
A Sight To Behold" en live, morceau original et incongru dans la setlist du groupe, en raison de l'utilisation de synthés samplés et de l'emploi d'un vocoder sur la voix de
Joe. Mais que l'on se rassure, le morceau passe avec brio l'épreuve du live, et même s'il faudra quelques dates pour que le groupe soit parfaitement à l'aise sur ce titre, on peut féliciter le groupe pour ce morceau original et vraiment plein d'émotion.
Et puisque l'on parle d'émotion... Nous sommes presque à la moitié du concert. La grande partie des lumières s'éteint, la salle est baignée d'une légère luminosité, le silence s'installe quelques secondes avant que ne retentisse l'intro aux bambous du morceau qui restera sans doute le moment fort de ce concert: "
The Art Of Dying".
La montée en puissance des bambous suivi d'une légère accalmie se finit, et c'est alors que démarre les 9 minutes d'une intensité indescriptible. La frappe de
Mario est d'une précision chirurgicale, les riffs sont massifs et écrasants, le chant est possédé, et le public est déchainé. C'est une véritable folie qui se dégage de la première partie du morceau, nous pilonnant les tympans comme jamais, jusqu'au moment du break à vide suivi du refrain ultime, déluge d'émotion et de beauté, dont le riff mélodique et les paroles simples et belles sublimeront en cet instant la communion établit entre
Gojira et ses fans.
Après ce fort moment d'émotion, nous savourons l'outro du morceau que le groupe aura plaisir à faire durer avant d'enchaîner sur un
solo de batterie dantesque, technique et groovy, qui se finira par 4 coups de cymbales qui ne peuvent annoncer qu'un seul morceau...
Le véritable classique "
Clone", morceau brutal et complexe, lui aussi d'une efficacité redoutable.
Éreinté et quelque peu endolori de cette première partie de concert plutôt mouvementé au premier rang, je me recule au 3ème rang sur la droite pour profiter de la fin du concert.
Le set se conclue par 3 chansons d'une remarquable efficacité, à savoir la géante "
Flying Whales" (hélas amputée de son intro planante), et 2 morceaux du dernier album, à savoir "
Toxic Garbage Island" et "
The Way Of All Flesh", dont l'outro se verra elle aussi rallongée pour le plus grand plaisir de tous.
Extinction des lumières, le groupe quitte brièvement la scène, pour revenir effectuer un rappel original, puisque composé tout d'abord du morceau "
Terra Incognita", interlude atmosphérique et planant, fort bienvenu après une telle déferlante de puissance.
Quoi de mieux pour conclure ce concert épique et génial que le "single" "
Vacuity"? Chanson taillée pour la scène elle aussi, ce sera une dernière occasion de se défouler et de reprendre en choeur les paroles inspirées, intelligentes et originales de l'ainé Duplantier avant que le concert ne se finisse sous un tonnerre d'applaudissement et d'acclamations.
Les membres gu groupe prendront le temps de saluer le public comme il se doit, serrant le plus de mains possible, distribuant médiators, baguettes de batterie et bouteilles d'eau avant de quitter définitivement la scène devant un parterre de fan abasourdi et conquit.
Setlist:
- Oroborus
- THMOTU
- Backbone
- Love
- From The Sky
- A Sight to Behold
- The Art Of Dying
- Solo Mario
- Clone
- Flying Whales
- Toxic Garbage Island
- The Way Of All Flesh
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- Terra Inc
- Vacuity
Ce fut donc un concert d'exception que nous délivra la groupe ce soir là, et ma seule hâte est de les revoir à Paris prochainement.
Bravo et merci
Gojira.
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<< Ce que je constate c'est les ravages actuels,
c'est la disparition effrayante des espèces vivantes,
qu'elles soient végétales ou animales.
Et du fait même de sa densité actuelle, l'espèce humaine
vit sous un sorte de régime d'empoisonnement interne, si je puis dire.
Je pense au présent, et au monde dans lequel je suis en train de finir mon existence: ce n'est pas un monde que j'aime. >>
-Claude Lévi-Strauss