Live report - Dagoba + Enter Shikari + Gojira - Aéronef, Lille 22-04-09
Déjà 2 mois et 8 jours depuis le dernier passage de Gojira dans le Nord, au Grand Mix de Tourcoing. Autant de temps et j’ai toujours ce concert en tête qui m’aura laissé un souvenir impérissable. C’est néanmoins avec quelques appréhensions que je me dirigeais vers l’Aéronef. Bah oui, l’Aéronef, c’est pas une salle réputée pour avoir un bon son, je me souviens encore du concert complètement gâché par l’acoustique de la salle d’Apocalyptica en 2007… De plus, Gojira étant déjà passé il y a deux mois, je me demandais si le public se déplacerait aussi nombreux qu’à Tourcoing…
Une heure et demie avant le concert, nous arrivons moi et mon frère à la file d’attente encore relativement peu garnie (une cinquantaine de personnes tout de même), puis on parlote avec Nico (Xiphouille), Emilien (Oroborus) et Geoffrey (Serpentmadeofbones), des gars du forum qu’il est bien sympa de retrouver à chaque concert de Gojira ! 19h30, enfin entrée dans la salle, qui est bien plus grande que le Grand Mix ! Nous nous collons le plus possible aux barrières, et c’est parti avec Dagoba !
Dagoba, définitivement un groupe de scèneDéjà, je peux dire que la salle n’a pas vraiment failli à sa réputation : le son n’était pas franchement bon, sans pour autant être exécrable.
Je ne suis pas un grand fan de Dagoba, mais franchement sur scène ils savent comment mettre une ambiance ! Il n’y a pas mieux pour chauffer un public avant Gojira, les pogos et slams commencent à fuser, ça bouge dans tous les sens… ça sent déjà la sueur et ça promet pour la suite ! De plus, parmi le public il y avait également pas mal de fans de Dagoba et ça se voyait ! Le public reprenait parfois en chœur les refrains mélodiques comme Dagoba savent les faire.
Malgré tout, je n’ai pas réussi à rentrer vraiment dans la prestation du groupe, car musicalement c’est vraiment répétitif : en gros c’est vraiment bon mais c’est un peu toujours la même chose. Je trouve sérieusement qu’il manque une identité à ce groupe, et pour moi ça en restera juste à la scène. Je ne m’intéresserais pas plus au dernier album dont les morceaux passent moins bien l’épreuve de la scène que ceux des deux précédents opus. J’ai bien réclamé « Maniak » à corps et à cris mais rien n’y a fait ! Bref, un bon groupe de scène, malgré une musique sans grande recherche.
La minute emoAprès une pause de quelques dizaines de minutes, l’ambiance et le public change du tout au tout : alerte les emos débarquent ! Plus sérieusement, à un concert de Gojira ça fait un peu bizarre d’en voir autant, au moins ça montre que le pari de l’organisation est réussi : rassembler un public plus varié en mettant à l’affiche deux groupes pratiquement opposés : car oui, Enter Shikari, je le dis tout de suite, ce fut pas loin de la catastrophe à mes oreilles.
Pas forcément à cause de leur prestation, qui dans son genre était correcte (enfin je pense, j’essaye d’être objectif mais c’est dur), mais plutôt à cause de la musique pratiquée par le groupe. Genre de emo/hardcore à tendances dance, la musique du groupe ne passe pas vraiment, même si les jolies naïades et les emos semblent apprécier, grand bien leur fasse. Les métalleux, eux, bougeaient, chantaient ironiquement, parfois lançaient quelques hymnes à la chanson française (entre autres, « Alexandrie Alexandra », « Je Collectionne des canards »…), et on entendait plus les chants pré-cités que la voix du vocaliste d’Enter Shikari, c’est dire encore une fois la qualité du son de l’Aéronef…
Le rouleau compresseur Gojira en marche!Torture finie. Sortez Shikari ! Maintenant place à Gojira : il n’aura pas fallu beaucoup de temps avant de les voir arriver sur scène, et l’ambiance commence à sérieusement se réchauffer avec l’intro d’Oroborus... Puis arrivent Joe, Christian, Jean-Michel et Mario, prêts à enflammer l’Aéronef… Et dès les premières notes d’Oroborus, le public pousse violemment, les slammeurs s’en donnent à cœur joie, certains (dont moi) n’hésitent pas à reprendre les paroles entièrement en chœur tel un chant religieux… Serpent of light, movement of the soul !!!
Les brûlots s’enchaînent dans le même ordre, « comme d’habitude » suis-je tenté de dire au bout de mon troisième concert de la tournée : The Heaviest Matter of The Universe, Backbone, Love, From The Sky… les Gojira, bien qu’on les sente un peu plus fatigués que d’habitude (et c’est bien normal), se donnent énormément… et le public le leur rend au centuple ! Extrêmement déchaîné, peut-être même plus qu’à Tourcoing (impression renforcée par la capacité de la salle, plus importante qu’à Tourcoing, l’Aéronef était d’ailleurs presque plein !), ce dernier rend le concert sauvage… En effet, pour avoir le privilège d’entonner à plein poumons les paroles de A Sight To Behold ou The Art of Dying devant un Joe magistral, il fallait littéralement se battre ! Personnellement, c’était un véritable bonheur… Aaaart of Dyyyyiiiiing is the way to let all gooooooo !!
Super MarioS’ensuit un solo de batterie plein de groove de Mario : j’ai l’impression qu’il le travaille et le modifie régulièrement pendant la tournée, et ayant vu Gojira trois fois à des dates assez éloignées, c’est très flagrant à mes yeux : à Tourcoing déjà, le solo était plus élaboré qu’au concert de Reims, et à Lille il était également plus long, plus travaillé, avec moins de « blancs »… Un silence religieux s’installe pendant ces quelques minutes, et que dire à part que Mario m’impressionne de plus en plus : un groove imparable, une puissance exceptionnelle, et un jeu très agréable à regarder ! Le public souhaitait entonner un vibrant « Mario ! Mario ! Mario ! » Eh ben pas le temps, Gojira en remet une couche et enchaîne avec Clone, LE morceau brûlot du groupe.
Gojira : produit landais de l'annéeLes morceaux suivants, Toxic Garbage Island, Flying Whales et The Way of All Flesh, achèvent de nous aplatir littéralement de la lourdeur du mastodonte Gojira. A noter un Joe encore une fois très taquin avec les gens du Nord… « On est du Sud-Ouest et là-bas les gens sont super chaleureux, et en fait pour le moment encore aucun public ne nous a apporté ce qu’eux nous ont apporté » pour finir après un Flying Whales de folie par un « Merci Lille vous êtes vraiment super ». Joe exprimera aussi sa grande satisfaction à la vue d’un Aéronef rempli par Gojira, rappelant qu’il y a 10 ans Gojira était venu au Splendid, en première partie d’Immortal… Que de chemin parcouru depuis !
Pas de Terra Incognita cette fois ci, Joe viendra nous demander quel morceau nous voulons entendre… nous fûmes nombreux à hurler « Remembrance », mais c’était peine perdue… nous avons quand même droit à un Vacuity qui joue de mieux en mieux son rôle de « morceau de clôture » de concert : carré, puissant, groovy vers la fin, un refrain fédérateur que tout le monde reprenait en chœur devant des landais satisfaits et heureux d’être là… Un concert de folie qui s’achève de la meilleure des manières, une énorme claque prise une nouvelle fois : les Gojira n’ont pas fini de surprendre, et de nous donner du plaisir !
Seul petit regret (rien à vois avec la prestation) : on nous a dit que les Gojira étaient trop fatigués pour venir désormais voir le public après le concert… c’est compréhensible évidemment, je me demande d’ailleurs encore comment ils font pour tenir ce rythme ! Fatigué mais heureux (et avec encore un mediator de Gojira en poche ! Groupie attitude !), je repars chez moi… En attendant la prochaine baffe de nos landais ? Vivement le 27 juin !